Myosotis




J'aime les étangs et j'habite
Partout où l'eau se creuse un lit.
Ma fleur d'un bleu pâle s'agite
Au moindre vent, au moindre bruit.
Ma coupe d'or est si petite
Qu'une larme d'oiseau l'emplit.

Alphonse de Lamartine

Vos remarques

Je me souviens.
On allumait quelques bougies et on s'allongeait à même le sol. L'un à côté de l'autre. On regardait notre reflet et nos langues se déliaient. Parlant de tout, parfois de rien. On jouait. On riait. Puis on éteignait la lumière. On ouvrait le velux et on écoutait les rumeurs de la ville endormie en plongeant dans les étoiles.

Je me souviens.
On était surexcités par cette chaude nuit d'été. Impossible d'aller nous coucher. Pour nous calmer, tu nous as fait nous étendre les bras et les jambes en étoile. La peau au contact du goudron encore tiède. Derniers rires nerveux. Puis plus rien. Petite brise d'été. On s'y croyait ! Tous en train de voler au milieu de ces corps célestes. C'était si doux ! Tous noyés dans cet océan si profond et si lumineux.

Je me souviens.
On venait toutes les trois passer quelques jours en vacances avec toi. Alors que la nuit était bien entamée, tu venais nous réveiller pour aller regarder les étoiles. "Tu vois là-bas ? On dirait une casserole ! Et bien c'est la Petite Ourse !" "Et là-bas, l'étoile qui semble un peu plus rouge ? Je crois bien que c'est Mars."

Je me souviens.
La tête lourde. Les yeux rouges. Le cœur gros. Il suffisait que j'ouvre la porte. Mes pieds caressaient le tapis d'herbe. Allongée entre les arbres, mes pensées jonglaient entre les feuillages pour attraper les étoiles. Elles me faisaient rire et dispersaient mon chagrin.


La nuit m'a toujours porté conseil. La lune a toujours veillé sur moi. Les étoiles ont toujours été mes plus fidèles amies. Mais d'ici on ne les voit pas.
Sans elles, à qui se confier ? À qui s'accrocher ? À quoi bon viser la lune s'il manque ce doux matelas en cas de chute ?
Façades lugubres.
La nuit venue, lorsque les lueurs provenant des ordinateurs et des télévisions ont disparu, lorsque les volets ou les rideaux ont été tirés, lorsque les dernières bouteilles ont été vidées et les derniers fêtards partis se coucher, je joue avec des volutes de fumée. J'esquisse, j'esquive : je me voile, je me noie. Et le pire, c'est que non contente de me détruire, je participe, même faiblement, à l'éloignement de mes plus fidèles amies.

 

 

 

 

 

"Je t'aime, dit l'étoile, parce qu'on ne se ressemble pas"

Mardi 30 mars 2010 2 30 /03 /Mars /2010 22:41

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